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L'histoire de cette automobile est curieuse. Du début à la fin, les
raisons de sa naissance, puis de sa disparition sont floues. N'étant
jamais arrivé à maturité, ce projet a été oublié et peu de
documents nous renseignent sur son existence. Il n'en est pas moins que
Toyota y est impliqué et que Peter Brock a créé là, l'une de ses plus
belle réalisation.
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Peter Brock est un spécialiste de la voiture de compétition. Il
possède un palmarès impressionnant qui débute chez GM ou il travaille
comme dessinateur et collabore au prototype de la Corvette Stingray.
Il continue sa carrière chez
Caroll Shelby ou il construit la
Daytona Coupe en 1963 sur la base d'une Cobra. Cette bombe fut la
première voiture américaine à remporter le titre de championne du
monde. Il dessine également un prototype CanAm De Tomaso.
Brock quitte Shelby
en 1965 et fonde sa propre écurie, la Brock
Racing Enterprises (BRE). Il est alors le premier à préparer une
voiture japonaise pour la compétition aux USA. Il signe un contrat avec
Hino et fait courir une 900 cm3 puis une Contessa 1300 en 1966.
Obtenant un résultat respectable, il attire l'attention des
constructeurs japonais.
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En 1967, il crée la Samuraï, un prototype basé sur la mécanique de
la Contessa 1300 qu'il entend faire courir au Grand Prix du Japon, voir
même au Mans. C'est une très belle réalisation dont tout le monde va
parler dans le milieu du sport automobile. Finalement, la voiture ne
courra pas pour des raisons de règlement mais elle apporta une bonne
publicité à Brock.
Cette même année, Toyota prend le contrôle de Hino et le contacte
pour développer des voitures de courses. Le but est de faire courir la 2000GT aux
Etats-Unis, il est très intéressé et signe un contrat avec les
dirigeants japonais.
Malheureusement, Shelby, qui a perdu son contrat
avec Ford après la victoire au Mans, achète la licence de
concessionnaire Toyota pour toute la côte est et arrive à convaincre la direction nippone de lui
confier les 2000GT.
Brock est furieux mais il a encore un autre contrat avec Toyota, celui d'un prototype
susceptible de courir
au GP de Japon et éventuellement au Mans.
Le projet s'appelle 400S chez Toyota mais pour Brock, c'est la JP6.
Il dessine un coupé très aérodynamique à portes papillon utilisant
le moteur de la 2000GT (3M) en position longitudinale centrale
arrière.
Il est prévu d'employer un autre moteur plus puissant que Toyota
développe au Japon, un V8 de 3l. qui sera utilisé plus tard dans la
Toyota 7 pour les courses CanAm. Mais le développement étant plus long que prévu, Brock
monte le moteur 3M dans son châssis.
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Ce châssis tubulaire est conçu par Trevor Harris pour répondre au
Groupe 6 des 24H du Mans. Il est assez spécial, en présentant des bras
de suspensions révolutionnaires, qui sont particulièrement longs et
qui sont rattaché au châssis en son milieu.
Couplé à des
compensateurs à air comprimés actionnés par la pédale de frein, ce
système est censé supprimer l'effet de plongée au freinage.
Prévue pour le future V8, la partie arrière du châssis est montée
d'une boîte-pont ZF 5 vitesses robuste, celle là même qui équipe les
Ford GT40. Le réservoir d'essence est placé derrière le siège du conducteur
pour un bon équilibrage des masses, mais il est réservé de la place
dans la structure des flancs pour des réservoirs supplémentaires en
vue des courses d'endurance comme Le Mans.
Les jantes en magnésium sont dues également à Trevor Harris.
L'étude poussée du design et la construction de la carrosserie ont fait
preuve de beaucoup de soins de la part de Peter Brock. Un modèle en
argile fut tout d'abord élaboré puis un gabarit en bois à l'échelle
1:1 fut construit. La carrosserie finale est réalisée en fibre de
verre.
Avant que le premier prototype ne soit complètement achevé, Toyota
décide de retirer le projet à Brock et de confier la JP6 à Yamaha
pour la finalisation. Aucun test routier n'a encore été effectué et
l'unique exemplaire est envoyé au Japon en 1968. En fait, une fois le prototype
expédié, le projet est oublié au profit de la nouvelle Toyota 7,
voiture entièrement japonaise développée chez Yamaha, mais qui ne
courra, elle, qu'au Japon.
C'est la deuxième déception que brock doit à Toyota. Il prend cela
comme un défi et s'en va trouver Nissan, qui a racheté Prince, pour défier à la
fois Toyota et Shelby. BRE deviendra célèbre pour
ses victoires avec des Datsun 2000 puis avec les
240Z.
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Brock P-6 |
Mais il reste convaincu de la pertinence du travail réalisé avec la JP6. Il utilisera cette étude pour présenter le "Project No.6" à la
presse en 1970. L'allure semblable, juste modernisée, de ce coupé à haute
performance est bien une JP6 civilisée. Ce n'est plus un prototype de
compétition mais une routière de sport. Un équipement plus complet et
plus conventionnel, la climatisation, voir les vitres électriques
seraient ses nouveaux atouts.
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Brock est persuadé qu'une automobile de ce type doit avoir une
mécanique moderne pour utiliser pleinement les capacités de son
châssis révolutionnaire. En remplacement du moteur Toyota, il pensa
utiliser le moteur rotatif à 4 pistons que GM développe pour quelques
prototypes. Ce bloque compacte, muni d'une injection électronique,
aurait pu développer 400 ch. La transmission est automatique à 4
rapports. Les performances prévues sont une vitesse maximum de 257
km/h. (160 mph) et une accélération de 0 à 100 km/h en 5 s.
En fait, ce projet ne verra pas le jour et jamais aucune P-6 ne sera
construite.
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