|
Quelques petites marques arrivent à sortir des véhicules citadins intéressants, encore souvent
à trois roues. Mais bien peu de japonais peuvent s'offrir une voiture particulière.
 |
 |
Daihatsu Bee 1951 et Fuji Cabin 1955 |
Hino devient une marque indépendante. La construction de camions en fait un pionnier du diesel, mais Hino sera contraint à
fabriquer des automobiles.
C'est le M.I.T.I. qui va pousser les entreprises nippones à s'associer avec les marques occidentales.
Il prend contact avec les fabricants européens et américains et organise les rencontres.
 |
 |
Mitsubishi Kaiser Henry-J 1951 et Nissan A40 1952 |
Pour leur part, les constructeurs occidentaux sont méfiants, on ne connait pas bien ces Japonais, mais on
sait déjà qu'ils sont malins et ont la réputation de copier les technologies pour leur propre
industrie. D'un autre côté, c'est une ouverture sur le marché asiatique qui, on le sait déjà,
va devenir très important dans le future. Si on ne le fait pas, un autre le fera et nous aurons du retard, voilà
ce que se disent les marques européennes.
 |
 |
Isuzu PH10 et Hino 4CV 1953 |
C'est donc assez timidement que les négociations s'engagent.
Le M.I.T.I. invite des dirigeants occidentaux en leur déployant le tapis rouge et accepte certains compromis
de licences qu'ils ne respecteront pas forcément.
On noue des contrats dit "d'assistance technique" permettant aux firmes japonaises de monter des voitures sous licence.
Cela permet aux Japonais d'apprendre les techniques modernes de fabrication et d'acquérir l'outillage nécessaire.
Pour les occidentaux, c'est un moyen de mettre un pied en Asie et de toucher des redevances sur les produits finis.
 |
Le premier salon automobile au Japon a lieu à Tokyo en 1954 |
Nissan est le premier à se lancer en 1952, et produit l'Austin A40 Somerset sous licence. Les automobiles
anglaises ont l'avantage d'avoir le volant à droite, comme au Japon. L'année suivante Mitsubishi se
met à fabriquer des Jeeps au Japon et Isuzu s'associe avec Roots pour une Hillman Minx japonaise. Mitsubishi
assemble une Kaiser Henry J de 1951 à 1954 mais se spécialise dans les camions et les autobus.
Hino se lance dans l'aventure avec la 4CV Renault.
 |
 |
Création de routes en 1954 |
Alors que ces marques japonaises enrichissent leur savoir faire dans la technologie automobile en produisant des voitures
sous licence, Toyota choisi la voie inverse en décidant de fabriquer un produit entièrement autochtone. Il se force à développer
ses propres véhicules. Bien entendu, Toyota ne réinvente pas la roue et s'inspire de voitures existantes, surtout
américaines.
 |
 |
Datsun Sedan et Suzuki Suzulight 1955 |
Même si la grande majorité des véhicules circulant sur les routes de l'archipel sont des utilitaires, l'industrie automobile japonaise
commence timidement à se diversifier. Ce n'est qu'en 1953 que la production de véhicules dépasse celle de 1941, et encore,
il n'y a qu'un peu plus de 17% de voitures sur le total.
 |
Flying Feather 1955 |
La raison de cette faible production est due à plusieurs facteurs. Premièrement, Les voitures
sont taxées lourdement, entre 20 et 50% du prix de vente.
|
|
Deuxièmement, une concurrence venant des voitures d'occasion importées par les occupants
américains exemptes de taxes. Il s'en vendit plus que la production totale locale, lors de
cette même année.
 |
 |
Toyopet Crown RS et Prince Skyline 1955 |
Dès 1955, une politique de renfermement nationaliste va fermer le robinet des importations afin de favoriser les productions locales.
Beaucoup d'investisseurs étrangers s'en vont. Cela termine abruptement certains contrats d'assistance technique. En quelques années, les firmes
japonaises ont assez appris pour commencer à fabriquer leurs propres voitures. C'est une véritable autonomie forcée qui est lancée par le M.I.T.I.
L'année 1956 voit la démocratisation de l'automobile. Le pouvoir d'achat d'une partie de
la population s'est accru en même temps que le prix des voitures a baissé. Il existe
maintenant un véritable marché pour la voiture individuelle. Rapidement, la voiture
prend une place dans le statut social des Japonais. Elle symbolise la réussite. On la montre,
on se ballade avec, on l'emmène volontiers en picnic.
 |
 |
Contrôles de police |
 |
Echantillon du parc automobile en 1957 :
Datsun 110, Prince Sedan, Toyota Crown, Toyopet Master et ce qui pourrait être une Ohta PK3
|
Cette démocratisation du transport personnel nécessite l'élaboration du code de la route et de la police routière pour son application.
 |
Autres microvoitures par Cony |
Parallèlement aux petits véhicules utilitaires et économiques, se développe une nouvelle gamme
de voitures plus cossues. Des berlines qui vont transporter les dignitaires puis, par la suite les familles qui pourront se les acheter.
 |
 |
Toyota Corona 1957 et Mitsubishi 500 1959 |
Conséquence de la politique nationaliste du gouvernement, en 1958 déjà, toutes les usines japonaises
sont approvisionnées en pièces fabriquées uniquement au Japon. Les taxis Chevrolet et Ford sont remplacés
par des Toyota et des Nissan.
 |
 |
Mikasa 1958 et Prince Gloria 1959 |
Comme l'avait prévu le M.I.T.I., les usines nippones sont rapidement autonomes et la surproduction permet de se lancer dans l'exportation. Tout d'abord en Asie,
puis en Amérique et en Europe. Toyota est le premier à implanter une
usine de montage hors du Japon, c'est au Brésil en 1958.
 |
Tokyo 1958 |
 |
 |
Subaru 360 et Mazda R360 |
Nissan remporte le rallye d'Australie 1958 avec une Datsun 210 et
commence à produire à Taiwan en 1959.
 |
 |
En 1959, Datsun présente la Bluebird et la Fairlady S211 |
|